L'alimentation, un soin à part entière, Des compétences techniques et relationnelles de l'infirmière libérale au service de la qualité de vie.
L'alimentation a été définie comme un droit fondamental dans les textes internationaux relatifs aux droits de l'Homme. L'ONU (dans le Pacte international relatifs aux droits économiques, sociaux et culturels de 1966) proclame que tout homme a le droit d'être alimenté et nourri selon ses besoins. Ce pacte a été le premier à définir les obligations des Etats en ce qui concerne le respect des droits « sociétaux » des populations.
A ce titre, l'acte de nourrir est, un droit inaliénable pour les personnes fragilisées.
L'hydratation et l'alimentation appartiennent à l'intangible « droit à la vie ».
Dans les pratiques soignantes, l'alimentation et la nutrition de la personne malade sont considérées comme un soin à part entière, pouvant participer à la guérison. L'intégrité de la personne, et donc sa dignité, est notamment liée à son état nutritionnel.
Reconnue par l'OMS comme une maladie à part entière et définie comme l'ensemble des pathologies liées à un manque de nourriture, la dénutrition s'associe au vieillissement et fragilise l'individu en le rendant plus sujet aux chutes et aux infections. Mais la dénutrition diminue aussi la qualité de vie. Les personnes dénutries sont plus souvent tristes, anxieuses, voire même déprimées.
La dénutrition s'aggrave en cours d'hospitalisation : 40 à 50% des patients hospitalisés sont dénutris ou à risques de dénutrition.
Impliquer une équipe pluridisciplinaire dans l'alimentation des malades paraît indispensable, pour résoudre cette problématique difficile.
Depuis 2002, la création du Comité de Liaison Alimentation Nutrition (CLAN) chargé de coordonner les soins et les aspects organisationnels, ont permis un meilleur dépistage de la dénutrition, un développement des alternatives à l'hospitalisation provoquant ainsi une augmentation du nombre de patients en nutrition artificielle à domicile.
La nutrition artificielle à domicile qu'elle soit entérale ou parentérale doit être intégrer dans la stratégie thérapeutique globale de chaque patient. Ses complications nécessitent une surveillance et une adaptation constante, le suivi doit donc être régulier en coordination avec les différents partenaires.
Au plus prés du malade, l'infirmière libérale doit concourir au succès du support nutritif en coordination avec l'équipe pluridisciplinaire. Ses compétences techniques, relationnelles doivent permettre de faciliter la réinsertion du patient dans son cadre familial et améliorer sa qualité de vie. Une réactualisation constante de ses connaissances est donc indispensable.