Les addictions, un impact médical, sanitaire et social, l'Infirmière libérale est en première ligne
Les addictions en France sont un problème majeur de Santé Publique car l'impact en est multiple, à la fois médical, sanitaire et social. Malgré des réponses adaptées à chaque type de population, à chaque type de situations complexes, qu'ont apportées les décideurs politiques, les professionnels de santé et les associations, force est de constater qu'il est encore difficile de maîtriser la situation.
On estime ainsi que 35% des jeunes de 17 ans ont déjà consommé de l'alcool et du cannabis simultanément, et qu'à 17 ans, un adolescent sur 5 consomme du cannabis plus de 10 fois par an.
En 2000, près d'un français sur 5 âgé de 18 à 44 ans déclare consommer concomitamment au moins deux substances psychoactives. Les trois produits de loin les plus consommés sont l'alcool, le tabac, le cannabis.
Aujourd'hui, en France, les conduites addictives (en particulier les consommations de tabac, les abus d'alcool, et, dans une moindre mesure, de substances illicites) interviennent dans 30 % de la mortalité précoce (décès avant 65 ans). Le « poids » de ces conduites sur la morbidité générale est estimé à environ 20 % (complications somatiques et psychiatriques, accidents de la route…). Notre pays est un des plus touchés dans ce domaine en Europe.
De plus, ces consommations n'ont pas que des conséquences sanitaires. Les conséquences économiques, sociales et humaines sont impressionnantes. Des accidents du travail s'observent en entreprise, des économies souterraines se développent, des quartiers en subissent des nuisances, des groupes familiaux sont déstructurés.
A un âge d'expérimentation où le rapport aux autres est essentiel, les adolescents investissent la consommation de produits addictifs en quête d'imaginaire, de désirs et de valeurs. C'est donc à cette subjectivité qu'il convient de s'adresser dans la continuité d'un vrai projet d'éducation à la santé.
Les infirmières libérales inscrivent leur rôle auprès des toxicomanes, dans le dépistage dans la réduction des risques et également dans le champ de la prévention auprès des adolescents notamment. Elles doivent savoir être un interlocuteur de première ligne pour l'immense majorité des personnes qui cherchent avant tout une écoute qui ne leur portera pas préjudice. C'est essentiel pour leur orientation thérapeutique, leur suivi et leur accompagnement dans cette démarche.