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Les gestes qui sauvent : vos réflexes peuvent faire la différence en situation d’urgence

Auteur
Orion Santé
Publié le 17 août 2025
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Les gestes qui sauvent sont essentiels pour intervenir efficacement en cas d'urgence vitale. Qu’il s’agisse d’un massage cardiaque, d’une manœuvre de Heimlich, d’une mise en position latérale de sécurité ou de la pose d’un garrot, ces gestes simples peuvent littéralement sauver une vie. Mais comment bien les réaliser ? Dans quelles situations sont-ils réellement utiles ? Que disent les dernières données sur leur efficacité ?

Comment réaliser un massage cardiaque efficace pour sauver ?

Le massage cardiaque externe est le geste de base pour relancer la circulation sanguine lorsqu’une personne est en arrêt cardiorespiratoire. Il permet de remplacer temporairement le rôle du cœur en pompant manuellement le sang vers le cerveau et les organes vitaux. Pour être efficace, la technique doit être précise. Les compressions doivent s’enchaîner à un rythme de 100 à 120 par minute, avec une profondeur d’au moins 5 cm sur un adulte, sans relâche complète entre chaque pression.

 

Il est important de se positionner au centre de la poitrine, sur le sternum, bras tendus, épaules alignées. Ce positionnement permet d’utiliser le poids du haut du corps pour garantir une pression suffisante. Des études ont montré qu’un massage cardiaque bien réalisé peut doubler, voire tripler, les chances de survie après un arrêt cardiaque. Le maintien du geste jusqu’à l’arrivée des secours est fondamental.

 

Les interruptions, même brèves, diminuent drastiquement l’efficacité du massage. Les recommandations les plus récentes insistent sur l’importance de la fraction de compression (le temps actif pendant lequel les compressions sont effectuées), qui doit représenter au moins 60 % du temps total d’intervention.

 

Ce geste, bien qu’impressionnant à pratiquer, ne présente pas de risque majeur pour une victime en arrêt. Même en cas de doute, mieux vaut agir : une action rapide reste le facteur le plus déterminant pour la survie.

 

 

 

Quand et comment faire la manœuvre de Heimlich ?

La manœuvre de Heimlich est le geste de référence en cas d’obstruction totale des voies aériennes par un corps étranger. Elle consiste à exercer une pression abdominale rapide et dirigée vers le haut pour provoquer une expulsion de l’objet. Les signes d’alerte sont sans appel : la victime ne peut ni parler, ni tousser efficacement, ni respirer. Dans ces cas-là, la prise en charge doit être immédiate.
Le geste consiste à se placer derrière la victime, à positionner un poing fermé juste au-dessus du nombril et à entourer ce poing avec l’autre main. On exerce ensuite une série de pressions fermes et ascendantes, en direction du diaphragme. Ces compressions créent une pression interne qui peut désobstruer les voies respiratoires. La manœuvre est à répéter jusqu’à ce que la personne retrouve une respiration normale (jusqu’à 5 fois).

 

Cette technique est efficace dans plus de 85 % des cas lorsqu’elle est réalisée dès les premiers signes d’obstruction totale. Elle est réservée aux situations où aucun son, souffle ou toux n’est perceptible. Ce taux de réussite élevé souligne l’importance de connaître ce geste et de savoir l’appliquer rapidement.

 

En cas d’inefficacité et de perte de connaissance, la réanimation doit être initiée immédiatement. Même si le geste peut paraître simple, il demande de la réactivité et de la précision. Une répétition régulière en formation permet de garantir une exécution fluide et sécurisée en situation réelle. Et si la victime est un nourrisson ou une personne obèse, des adaptations du geste sont nécessaires pour éviter toute blessure.

 

 

 

Pourquoi la PLS est indispensable en urgence ?

La position latérale de sécurité (PLS) est l’un des gestes les plus sous-estimés, et pourtant essentiels, face à une personne inconsciente qui respire encore. Elle permet de dégager les voies respiratoires et de prévenir les risques d’étouffement par la langue ou par des liquides, comme du sang ou des vomissements.

 

La mise en PLS s’effectue en quelques étapes : s’assurer que la victime respire, plier un bras en angle droit, croiser la jambe opposée, puis faire basculer doucement la personne sur le côté. La tête doit être maintenue inclinée vers l’arrière pour favoriser le passage de l’air. Une fois la victime installée, il est important de continuer à surveiller la respiration en attendant les secours.

 

Ce geste peut sembler simple, mais il nécessite calme et méthode. Mal exécuté, il peut bloquer une articulation ou comprimer une zone sensible. Bien réalisé, il protège la victime et limite les risques de complication respiratoire.

 

La PLS est particulièrement utile après un malaise, une crise d’épilepsie ou une intoxication. C’est un réflexe à intégrer dans toute intervention de premiers secours, même lorsque la situation semble stabilisée.

 

 

 

Dans quel cas utiliser un garrot et comment ?

Le garrot est un dispositif d’urgence destiné à stopper une hémorragie externe grave, en particulier au niveau des membres. Il est utilisé lorsque la compression directe ne suffit plus à arrêter le saignement, notamment après un traumatisme majeur ou une plaie artérielle.

 

Le principe est simple : exercer une pression mécanique suffisante en amont de la plaie, entre le cœur et la blessure, pour bloquer le flux sanguin. Le garrot doit être posé directement sur la peau ou sur un vêtement fin, jamais sur une articulation. Une fois placé, il faut le serrer jusqu’à l’arrêt complet du saignement, puis noter l’heure de pose. Cette information sera cruciale pour les secours, car un garrot ne doit pas rester en place au-delà d’un certain délai sans surveillance médicale.

 

Des résultats publiés sur ScienceDirect indiquent que, dans un contexte de garrot hémostatique, le taux de mortalité globale était de 3 %, avec un taux d’amputation de 18,8 %.

 

Ce geste est parfois redouté, mais son efficacité n’est plus à démontrer lorsqu’il est bien maîtrisé. Il est recommandé de s’entraîner régulièrement, en condition réelle, avec du matériel adapté. En attendant les secours, maintenir la pression et rassurer la victime reste une priorité absolue.

 

 

 

Comment rester calme et accompagner la victime ?

Lors d’une situation d’urgence, l’attitude de la personne qui intervient est aussi importante que les gestes techniques. Savoir rester calme et accompagner la victime avec empathie peut faire une différence réelle, aussi bien sur le plan médical que psychologique.

 

Une voix posée, un regard rassurant, quelques mots simples pour expliquer ce qui se passe : tout cela contribue à réduire le stress de la personne en détresse. Même inconsciente, une victime peut percevoir les bruits et les gestes autour d’elle. Une ambiance apaisante favorise une prise en charge plus efficace, y compris par les secours une fois sur place.

 

Dans certains cas, la personne est consciente mais paniquée. La meilleure posture est de se montrer ferme, bienveillant et précis. Expliquer chaque geste avant de le faire, informer sur l’arrivée des secours, et rester aux côtés de la victime sont autant d’éléments clés.

 

Une intervention accompagnée d’un contact humain rassurant améliore le pronostic émotionnel et réduit le risque de stress post-traumatique. Un geste qui sauve, ce n’est pas seulement un acte médical : c’est aussi une présence, une voix, une posture.

 


Sources : HAS, Ameli, Ministère de l’intérieur
 

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