L’IA en santé et son utilisation en tant qu’infirmière libérale en 2026
Orion Santé

Focus sur l’actuel déploiement de l’IA en santé et état des lieux
L’intelligence artificielle générative s’installe progressivement dans le domaine de la santé à l’échelle mondiale. D’ici 2030, ses domaines d’application devraient s’élargir et son déploiement s’accélérer. Des études récentes menées en 2025 aux États-Unis et au Canada, auprès d’infirmières, montrent un intérêt croissant pour ces outils.
Les utilisatrices identifient des bénéfices dans le champ clinique, la recherche documentaire, mais aussi dans la retranscription des données et la gestion de tâches non cliniques.
Plusieurs points de vigilance émergent régulièrement : la protection des données, le respect du cadre juridique et éthique et les risques de biais dans les réponses. Certaines infirmières expriment également une inquiétude quant à l’impact de ces technologies sur le métier : responsabilité et impact sur les effectifs.
Les champs d’application mondiaux en santé
Les orientations attendues de développement de l’IA en santé sont multiples :
• La chirurgie assistée et robotique.
• L‘imagerie médicale assistée.
• La recherche médicale et pharmaceutique.
• La technologie de diagnostic des accidents vasculaires cérébraux se développe en Grande-Bretagne.
• La technologie de diagnostic du cancer de la peau se développe aux États-Unis.
• La gestion des ressources et l’efficacité opérationnelle : optimisation du parcours et gestion des flux, par exemple.
• La surveillance à distance et les soins des patients.
• L’analyse prédictive, la prévention et la santé publique.
En Amérique du Nord, l’IA est déjà utilisée dans certains services, notamment aux urgences, pour soutenir l’évaluation clinique et la priorisation des patients. Les infirmières interrogées dans ces études estiment majoritairement que ces outils peuvent apporter un soutien à l’expertise clinique et contribuer à alléger la charge de travail.

La position de l’ONI pour la France
L’Ordre National des Infirmiers a mené une première enquête dédiée en 2025 pour amorcer un encadrement professionnel de l’utilisation de l’IA en respect du cadre juridique et déontologique de la profession.
Cette étude a montré que 70 % des infirmières estiment leur connaissance de l’IA faible ou très faible. Mais aussi que 92 % d’entre elles n’ont pas de formation dans le domaine et que 85 % d’entre elles souhaitent être formées. Seules 29 % d'entre elles utilisent l’IA au quotidien, utilisation de l’IA conversationnelle.
Enfin, 69.64 % estiment que l’IA est susceptible de limiter les tâches administratives.
Selon cette enquête, l’utilisation de l’IA par les infirmières concerne la rédaction de courrier, les plannings, la synthèse de dossiers et la recherche d’informations.
Au terme de cette enquête, l’ordre a élaboré un ensemble de recommandations qui constituent un point de départ incontournable à l’intégration de l’IA à la pratique infirmière.
• Recommandation 1 : afin de protéger le secret professionnel, il est important de bien gérer les données personnelles utilisées.
• Recommandation 2 : son utilisation exige l’information et l’accord préalable du patient.
• Recommandation 3 : en matière de documentation, la vérification de la validité des informations reste centrale à toute recherche.
• Recommandation 4 : en cas d’utilisation pour l’aide à la décision, l’infirmière se référera au code de déontologie afin de respecter le devoir de soins éthiques et humains.
• Recommandation 5 : son utilisation dans le cadre professionnel réclame de se former au préalable.
Une enquête plus large en France
Une large enquête menée par hub France IA révèle pour 2026, une évolution des attentes et des freins au sujet de l’IA en santé.
Elle ne concerne pas seulement les soignants, mais s’élargit aux gestionnaires et aux spécialistes du domaine, comme les juristes.
Les freins principaux évoqués dénotent d’un manque de confiance, d’un sentiment de manque de qualité des données et également d’une insuffisance de valeur perçue.
Pourtant, les attentes existent et concernent le besoin de qualité et de confiance, d’un cadre clair et du respect des règles éthiques et réglementaires.
Le rapport souligne également des décalages entre :
• La réalité de terrain et l’innovation.
• L’usage concret et l’offre.
• La confiance au regard de la technologie.
• La multiplication des applications, plateformes ou portails crée une baisse du niveau de confiance générale des utilisateurs et majore les risques du point de vue de la sécurité des données.
Enfin, un des points importants susceptibles de freiner l’adoption de l’IA en santé exige l’avancée conjointe du cadre juridique et réglementaire au fur et à mesure des innovations.
Pour l’instant, son utilisation est privilégiée dans le domaine de l’IA générative : recherche de documentation, synthèses et rédaction.
Quelques exemples d’utilisation de l’IA en cours dans les témoignages de l’étude :
• Exploitation des données cliniques en cancérologie pour améliorer les prises en charge et les parcours.
• Utilisation administrative pour la gestion des masses de données relatives aux dossiers patients.
• En imagerie médicale, des solutions d’IA sont déjà déployées pour aider à la détection d’anomalies et soutenir l’interprétation des examens.
Quelle place pour l’IA en exercice libéral ?
En ville, et notamment en exercice libéral, le déploiement de l’IA devrait se faire de manière progressive.
Les premiers usages concernent :
• La gestion des données ;
• La synthèse de dossiers ;
• L’aide à la rédaction et à la synthèse ;
• Certains outils de coordination des parcours et logiciels métier.
Dans ce contexte, anticiper ces évolutions apparaît essentiel. L’enjeu n’est pas seulement technique : il s’agit de s’approprier ces outils dans un cadre conforme aux exigences juridiques, éthiques et déontologiques de la profession.
À ce stade, l’intelligence artificielle s’inscrit encore dans des usages ciblés, principalement autour de la gestion de l’information et des tâches non cliniques. Pour les infirmières libérales, l’enjeu immédiat n’est pas tant de multiplier les usages que de maîtriser les cadres réglementaires, juridiques et déontologiques associés.
Comme pour toute évolution des pratiques, il s’agit avant tout de garantir la qualité et la sécurité des soins.
Dans un domaine en constante évolution, une veille régulière devient également nécessaire afin de suivre les usages, les recommandations et les outils qui émergent. Se former à l’IA en santé peut alors constituer un appui pertinent : l’offre de formation Intelligence artificielle & Infirmier permet non pas de transformer immédiatement sa pratique, mais de disposer des repères essentiels et de s’approprier progressivement ces nouveaux outils.