Vaccination HPV : ce qu'il faut savoir pour accompagner vos patients au quotidien
Orion Santé

Qu'est-ce que le papillomavirus humain (HPV) ?
Le papillomavirus humain regroupe près de 200 types de virus, dont une douzaine dits « à haut risque oncogène ». Il se transmet principalement par contact sexuel, avec ou sans pénétration, par simple contact des muqueuses ou de la peau - les préservatifs ne protègent donc que partiellement contre sa transmission.
Dans la grande majorité des cas, le système immunitaire élimine spontanément l'infection en quelques mois à quelques années, sans laisser de trace. Mais lorsque le virus persiste, il peut, sur plusieurs années voire plusieurs dizaines d'années, provoquer des lésions précancéreuses puis des cancers : col de l'utérus, vagin, vulve, anus, pénis ou sphère ORL (bouche, gorge, amygdales).
Des chiffres qui concernent tous les professionnels de santé
Le HPV en chiffres
8 personnes sur 10
Hommes et femmes seront exposés au HPV au moins une fois au cours de leur vie.
Dès le début de la vie sexuelle
Dans environ 60 % des cas, l'infection survient très tôt — d'où l'intérêt d'une vaccination précoce.
6 400 nouveaux cancers par an
Le papillomavirus est responsable d'environ 6 400 nouveaux cas de cancers chaque année en France.
1 cas sur 4 touche un homme
Soit environ 1 600 cas par an en France — les cancers liés au HPV ne sont pas une problématique uniquement féminine.
Quasi 100 % des cancers du col de l'utérus
Chez les femmes, les HPV sont à l'origine de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus : environ 3 000 nouveaux cas et près de 1 000 décès chaque année en France.
Contrairement à une idée reçue encore répandue chez les patients, les cancers liés au HPV ne sont pas une problématique exclusivement féminine : la vaccination des garçons, recommandée depuis 2021, participe autant à leur propre protection qu'à celle de leurs partenaires.
Vaccination HPV : recommandations et calendrier vaccinal
À quel âge vacciner ?
La vaccination contre le HPV est recommandée dès l'âge de 11 ans, chez les filles comme chez les garçons, avec un rattrapage possible jusqu'à 26 ans. Réalisée avant le début de la vie sexuelle, son efficacité pour prévenir les infections par les types de HPV couverts par le vaccin est proche de 100 %. Elle reste utile, bien que moins protectrice, lorsqu'elle est effectuée plus tardivement.
Une protection qui ne dispense pas du dépistage
La vaccination ne protège pas contre l'ensemble des types de HPV oncogènes. Elle ne dispense donc pas les patientes vaccinées d'un suivi gynécologique régulier ni de la participation au dépistage organisé du cancer du col de l'utérus.
Quel est le rôle de l'IDEL dans la vaccination HPV ?
Depuis le décret n° 2023-736 du 8 août 2023, l'infirmier libéral peut administrer, sans prescription médicale préalable, l'ensemble des vaccins du calendrier vaccinal - dont le HPV - aux patients de 11 ans et plus. Il peut également prescrire ce vaccin, sous réserve d'avoir suivi la formation spécifique requise et d'avoir déclaré son activité de prescription vaccinale auprès de l'Ordre infirmier.
Prescrire, administrer, tracer
• Vérifier l'éligibilité du patient (âge, statut vaccinal, contre-indications).
• Prescrire le vaccin si l'activité a été déclarée, ou l'administrer sur prescription médicale existante.
• Respecter la chaîne du froid et disposer d'une trousse d'urgence lors des injections à domicile.
• Assurer une surveillance post-vaccinale sur place (au moins 15 minutes).
• Tracer l'acte dans le carnet de vaccination et le dossier du patient.
Sur le plan de la cotation, l'acte de vaccination relève de la NGAP en vigueur, avec une cotation différente selon qu'il s'agit d'une administration sur prescription médicale ou d'une vaccination réalisée dans le cadre de la prescription infirmière issue du décret de 2023.
Comment sensibiliser vos patients à la vaccination HPV
En tournée, l'IDEL occupe une position de confiance unique pour aborder un sujet encore marqué par des freins culturels et un manque d'information, en particulier auprès des familles de préadolescents et des jeunes adultes en rattrapage vaccinal.
• Rappeler que le vaccin concerne autant les garçons que les filles.
• Expliquer que la protection est maximale avant le début de la vie sexuelle.
• Orienter vers un dialogue avec le médecin traitant, la sage-femme ou le pharmacien si le patient a des questions complémentaires.
• Profiter des passages à domicile pour vérifier le statut vaccinal des adolescents de la famille.
Sources :
Vaccination Info Service - Infections à Papillomavirus humains (HPV)
papillomavirus.fr - Site d'information de référence
Légifrance - Décret n° 2023-736 du 8 août 2023
Institut Curie - Tous protégés contre le HPV