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Se réinventer grâce à la formation

Auteur
Orion Santé
Publié le 12 mars 2026
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De nombreuses infirmières libérales choisissent aujourd’hui la formation pour enrichir leur pratique et redonner du sens à leur exercice. À travers le témoignage d’une IDEL formée à la Résonance par stimulation cutanée (RESC), cet article explore comment l’apprentissage peut transformer la relation de soin, soutenir le bien-être professionnel et ouvrir de nouvelles perspectives dans l’exercice libéral.

S’appuyer sur l’apprentissage pour faire évoluer sa pratique

« Le développement de compétences et le renforcement du sentiment d’efficacité constituent des facteurs protecteurs du bien-être au travail. »

Cairn Info - Le travail humain 2013, satisfaction professionnelle et santé au travail.

 

 

De nombreuses infirmières libérales choisissent aujourd’hui de se tourner vers la formation pour nourrir leur pratique, enrichir la relation avec les patients et renforcer leur sentiment d’efficacité professionnelle. Il ne s’agit pas seulement de développer des compétences techniques supplémentaires, mais aussi d’ouvrir de nouveaux champs d’intérêt et d’action dans le soin.

 

Dans un exercice souvent marqué par des contraintes fortes : rythme des tournées, multiplicité des demandes, complexité croissante des prises en charge, certaines IDEL ressentent le besoin d’explorer d’autres approches du soin.

 

À travers le parcours de trois infirmières libérales qui ont fait le choix d’une activité complémentaire, nous explorons ce que ces formations ont changé dans leur pratique quotidienne, leur positionnement professionnel et leur enrichissement personnel.

 

Pour cette première partie, Pauline, infirmière libérale dans le Vaucluse, nous présente la Résonance par stimulation cutanée (RESC), une pratique à laquelle elle a débuté sa formation en 2022. Elle partage les apports de cette approche dans son exercice quotidien.

 

 

 

Qu’est-ce que la RESC ?

Présentation de la méthode

La RESC (Résonance par Stimulation Cutanée) est une approche manuelle douce basée sur un toucher léger visant l’apaisement et le confort du patient. Utilisée comme soin de support dans certains contextes hospitaliers, elle s’inscrit dans une démarche complémentaire aux soins conventionnels et ne se substitue pas aux traitements médicaux.

 

Développée initialement par un kinésithérapeute formé à la médecine traditionnelle chinoise, cette méthode s’inspire notamment de la théorie des méridiens. Elle associe également certains principes liés aux propriétés vibratoires et à la propagation des ondes dans les milieux aqueux, dont le corps humain.

 

Concrètement, la pratique repose sur une écoute tactile de deux points situés sur le trajet des méridiens, dans la logique des principes de la médecine traditionnelle chinoise. Elle vise à rééquilibrer certaines tensions ou dysharmonies liées à la maladie, à la douleur ou à l’anxiété, et à favoriser un état d’apaisement physique et émotionnel.

 

Non invasive et non médicamenteuse, cette approche est utilisée en complément des traitements en cours, sans interférer avec ceux-ci.

 

 

Une pratique explorée par une enquête

Une enquête réalisée en 2017 (source : RESC.fr), basée sur les retours de praticiens, de patients et d’observateurs, rapporte plusieurs bénéfices perçus :

 

👉 97 % des praticiens déclarent observer une diminution du stress lié aux soins.
👉 87 % des observateurs soulignent l’intérêt du toucher relationnel apporté par la pratique.
👉 83 % des personnes interrogées évoquent une amélioration du ressenti de la douleur.
👉 88 % notent une amélioration de la forme physique et de la récupération.


Destinée aux professionnels de santé, la RESC est envisagée comme une approche complémentaire pouvant contribuer à réduire le stress associé aux soins et à améliorer le confort des patients.

 

Elle peut être utilisée aussi bien en milieu hospitalier qu’en pratique libérale. Certains établissements l’explorent également dans une perspective de qualité de vie au travail pour les soignants (projet Hadar).

 

La pratique peut concerner un large public, notamment en pédiatrie pour faciliter le vécu des soins, ou comme soin de support dans les parcours oncologiques. Quelques contre-indications existent toutefois : insuffisances cardiaques ou respiratoires sévères, port de pacemaker ou troubles psychiatriques sévères.

 

 

 

Pauline se forme à la RESC pour faire évoluer sa pratique

Mais comment cette approche s’intègre-t-elle concrètement dans la pratique quotidienne d’une infirmière libérale ? Pour mieux comprendre son utilisation sur le terrain, Pauline partage son expérience. Infirmière libérale depuis dix ans, elle cherchait à enrichir sa pratique par une approche de soin différente et a débuté sa formation en 2022.

 

« J’avais envie d’un soin par les mains, doux et non invasif, qui offre une autre approche des maux, une lecture globale comme celle de la médecine traditionnelle chinoise », explique-t-elle. C’est dans cette perspective qu’elle découvre la RESC, une pratique manuelle utilisée comme soin de support dans certains contextes hospitaliers.

 

Dans son exercice quotidien, Pauline observe que cette approche peut contribuer à atténuer le ressenti de la douleur et à favoriser un apaisement global. « Chez certains patients, j’ai l’impression que l’effet peut durer environ vingt-quatre à quarante-huit heures », précise-t-elle. Elle l’utilise notamment en cancérologie, en complément des traitements, mais aussi auprès d’enfants afin de réduire l’appréhension liée aux soins.

 

Pauline évoque également des situations ponctuelles où cette approche peut apporter un soutien complémentaire. Elle se souvient par exemple d’une patiente venant de subir une hystérectomie et présentant une absence de reprise du transit. « La séance semble avoir contribué à améliorer la situation sur ce plan avec une diminution du ressenti de la douleur. Elle a aussi permis d’accompagner la patiente dans un moment difficile : elle traversait beaucoup d’anxiété et des tensions dans son couple. »

 

Pour Pauline, l’intérêt de cette pratique dépasse la seule dimension symptomatique. Elle peut offrir un moment d’écoute et d’apaisement dans des contextes souvent lourds : annonce de maladie, isolement, deuil ou traitements prolongés.Elle évoque notamment une patiente suivie en cancérologie et équipée d’une pompe à morphine pour le contrôle de la douleur.« La RESC est venue compléter la prise en charge médicale et apporter un soutien supplémentaire, notamment dans la gestion de la douleur et sur le plan psychologique avec une fonction de soutien dans une prise en charge régulière. »

 

Cette pratique a également transformé son rapport au soin. « Elle m’a apporté un positionnement intérieur différent. La relation avec les patients évolue : on entre parfois dans une relation de confiance très forte mais aussi plus intime, cette méthode invite le patient a mieux écouter son corps. » Pauline souligne toutefois que le rythme des tournées ne permet pas toujours de réaliser des séances complètes.

 

« Dans la pratique libérale, il faut rester réaliste, une séance n’est pas toujours possible par manque de temps. Mais une prise en charge très ciblée peut parfois être réalisée en une quinzaine de minutes. » Pour elle, cette formation a ouvert une nouvelle dimension dans sa pratique. « Cela permet parfois de sortir de la posture strictement technique, de trouver un nouveau souffle et de renforcer la relation de confiance avec les patients. Enfin, la pratique aide aussi le soignant lui-même, à différents niveaux : posture, écoute, qualité de la relation et présence à soi comme à l’autre. »

 

Son parcours personnel l’a menée à enrichir son parcours par une formation en hypnose. Elle a pu pratiquer la RESC en partenariat avec l’HAD par exemple pour certains patients.

 

Les approches non médicamenteuses prennent aujourd’hui une place croissante dans l’accompagnement des patients. Dans le champ des soins de support, plusieurs travaux montrent leur intérêt pour améliorer le confort réduire les troubles anxio-dépressifs et accompagner la douleur, en complément des traitements médicaux. 

 

L’Institut National du Cancer rappelle par exemple que les soins de support visent à améliorer la qualité de vie des patients tout au long de la maladie, en associant traitements médicaux et accompagnement global. De même, plusieurs travaux relayés par l’Institut national de la santé et de la recherche médicale mettent en évidence l’intérêt du toucher thérapeutique, de la relaxation ou d’autres approches corps-esprit dans la modulation de la douleur et du vécu des soins. 

 

Pour les infirmières libérales, la formation constitue aussi un levier pour faire évoluer leur pratique et préserver le sens du métier dans un contexte souvent exigeant. Le parcours de Pauline en offre un premier aperçu. Dans les prochains volets de cette enquête, deux autres IDEL partageront à leur tour comment certaines formations ont transformé leur manière de soigner et leur relation aux patients.

 

 

Article rédigé en collaboration avec Béatrice Perrin, infirmière DE diplômée en 1989 - a exercé en structure pendant 20 ans en tant qu'IDEL

 

 

Sources : 

• La RESC, une méthode confirmée
• https://resc.fr/wp-content/uploads/2018/11/LaProvenceAix_13-11-18.pdf
• Que sont les soins oncologiques de support ?

Pour aller plus loin
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