Infirmier libéral : combien d'heures d'expérience hospitalière faut-il avant de s'installer ?
Orion Santé

La règle des heures : ce qu'exige la convention nationale des infirmiers
Deux voies possibles pour une première installation immédiate
Pour prétendre à une installation en libéral sous convention dès la première demande, l'infirmier diplômé d'État doit justifier de l'une des deux conditions cumulatives suivantes, réalisées au cours des 6 années précédant sa demande :
• 24 mois d'expérience (soit 3 200 heures) au sein d'une structure de soins généraux (établissement de soins, groupement de coopération sanitaire…), sous la responsabilité d'un médecin ou d'un infirmier cadre ;
• ou 18 mois (2 400 heures) d'expérience dans une structure de soins généraux complétés par 6 mois (800 heures, soit 109 jours) en tant que remplaçant d'un infirmier libéral conventionné.
Le seuil spécifique pour devenir remplaçant
Pour exercer uniquement en tant qu'infirmier remplaçant, sans viser immédiatement le statut de titulaire, le seuil généralement retenu est de 18 mois d'expérience (2 400 heures) en équipe de soins généraux au sein d'un service organisé. Cette étape peut ainsi constituer un premier palier avant de compléter son parcours vers l'installation complète, dernière étape de cette série.
Quelles structures permettent de valider ces heures ?
L'expérience doit être acquise dans une structure organisée dispensant des soins généraux, sous la responsabilité d'un médecin ou d'un cadre infirmier. Cela inclut notamment :
• les établissements hospitaliers publics et privés (hôpital, clinique) ;
• les services de soins infirmiers à domicile (SSIAD) ;
• les centres de soins fonctionnant sous la responsabilité d'un médecin ;
• les groupements de coopération sanitaire.

Pourquoi cette période salariée est un passage obligé
Une exigence pensée pour l'autonomie du futur libéral
Contrairement à l'exercice hospitalier, l'infirmier libéral travaille seul, souvent au domicile du patient, sans recours immédiat à une équipe médicale. La période préalable en établissement vise à garantir que le futur professionnel a acquis, en conditions réelles et encadrées, les réflexes indispensables à cette autonomie.
Les compétences clés à construire durant cette étape
Cette phase d'exercice salarié permet de développer des compétences difficilement transmissibles en formation initiale :
• la gestion des urgences, en réagissant vite et sûrement face à une situation clinique dégradée, sans attendre l'avis immédiat d'un tiers ;
• la diversité des soins, à travers l'exposition à des pathologies et des publics variés, du post-opératoire à la gériatrie ;
• l'autonomie technique, dans la réalisation des actes infirmiers avec un niveau d'assurance suffisant pour exercer seul par la suite ;
• la relation avec les équipes médicales, apprise au contact quotidien des médecins, cadres et autres professionnels de santé, une posture qui reste utile même une fois installé en libéral, en coordination avec les confrères du secteur.
Cette période salariée est aussi l'occasion de se familiariser avec le Développement Professionnel Continu (DPC), obligatoire pour tout professionnel de santé, y compris salarié, et qui permet déjà de financer certaines formations avant même l'installation en libéral.
Anticiper son installation dès le choix du premier poste
Tous les postes salariés ne se valent pas au regard de cette règle d'heures : seules les structures de soins généraux, organisées sous la responsabilité d'un médecin ou d'un cadre infirmier, sont éligibles. Il est donc utile, dès la sortie de l'IFSI — étape que nous détaillons dans notre article sur le passage de l'étudiant au professionnel après l'obtention du DE — d'orienter ses choix de poste en gardant cet objectif en tête si le projet libéral est déjà présent.
Compter et suivre ses heures : les points de vigilance
La fenêtre des 6 années glissantes
Les heures d'expérience doivent avoir été réalisées au cours des 6 années précédant la demande d'installation. Un décalage trop important entre la fin de cette expérience et la demande de conventionnement peut donc invalider une partie du parcours accompli : il est recommandé de ne pas laisser s'écouler trop de temps entre la fin de la période salariée et le dépôt du dossier.
Garder une trace de son parcours
Contrats de travail, attestations d'employeur, relevés d'heures : ces documents seront demandés lors du dépôt du dossier d'installation auprès de la caisse d'assurance maladie. Les conserver au fil de son parcours salarié évite les mauvaises surprises au moment de constituer son dossier — un dossier qui ouvre la voie à la troisième et dernière étape de ce parcours : la transition de l'hôpital vers l'installation en libéral.
Sources
• Ameli.fr (Assurance Maladie) — Installation en libéral : conditions de conventionnement
https://www.ameli.fr/infirmier/exercice-liberal/vie-cabinet/installation-liberal/processus-installation
• Ameli.fr (Assurance Maladie) — Convention nationale des infirmières et infirmiers libéraux (texte de référence)
https://www.ameli.fr/infirmier/textes-reference/convention/convention