UNE QUESTION ?DEMANDEZ MOI

Actes et compétences infirmières : ce que change l'arrêté du 26 juin 2026 (FAQ)

Auteur
Orion Santé
Publié le 10 juillet 2026
Webinar
webinar-popupsite.jpg
Notre webinar « Actes professionnels infirmiers », animé par Sandrine Bienvenu, formatrice, conceptrice et responsable de la plateforme e-Learning chez Orion Santé, et Aurélie Casaubon, ingénieure pédagogique et coordinatrice pédagogique chez Orion Santé, a réuni un large public de professionnels. De nombreuses questions ont été posées tout au long de la session : nous les avons regroupées par thème et y répondons dans ce document, en nous appuyant sur les échanges du webinar et sur l'arrêté du 26 juin 2026 relatif aux actes et compétences de la profession infirmière, publié au Journal officiel le 27 juin 2026.

Le replay de notre webinar

Découvrez le replay de notre webinaire, dans lequel nous décryptons point par point les évolutions de la profession infirmière à la suite de la publication de l’arrêté du 26 juin 2026.

 

 

 

 

Contexte et cadre juridique de l'arrêté

D'où vient cet arrêté du 26 juin 2026 et que change-t-il concrètement pour la profession ?
Cet arrêté s'inscrit dans une évolution législative amorcée par la loi du 27 juin 2025 sur la profession infirmière, suivie du décret du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession, lui-même suivi de l'arrêté du 20 février 2026 qui a revu le référentiel complet du diplôme d'État d'infirmier. L'arrêté du 26 juin 2026 vient à son tour revoir les actes et compétences infirmières. Plutôt que de se contenter de lister les actes autorisés, il met en avant un rôle infirmier élargi : mener des consultations, coordonner le parcours de soins des patients, surveiller certaines situations et prescrire de nouveaux actes, notamment des bilans sanguins. Ce texte précise donc ce que l'infirmier devient dans le système de santé, en valorisant son autonomie et son expertise clinique.

 

 

 

Entrée en vigueur et conditions pour prescrire

Peut-on prescrire dès maintenant ?
Oui. Les nouvelles possibilités de prescription sont applicables dès le lendemain de la publication de l'arrêté au Journal Officiel.

 

Faut-il nécessairement une ordonnance médicale initiale pour pouvoir prescrire, quelle que soit la prescription ?
Pas forcément, cela dépend des situations. Par exemple, l'accès direct arrivera prochainement pour les plaies non chirurgicales : dans ce cas, il n'y aura pas de médecin intervenu au préalable, l'infirmier aura l'accès direct au patient et donc à la prescription. C'est donc du cas par cas, selon la situation.

 

Faut-il une ordonnance de soins en cours pour pouvoir prescrire, comme c'est la condition actuellement ?
Ce n'est pas spécifié en tant que tel dans l'arrêté. Mais à la lecture du texte, on comprend qu'il faut une prise en charge globale du patient : il n'est pas question de prescrire, par exemple, un bilan sanguin à une personne que l'on ne connaît pas. Il faut donc déjà prendre en charge le patient, que ce soit dans le cadre d'un bilan de prévention, d'une consultation, ou d'un patient déjà suivi. Comme pour tout acte infirmier, la prescription doit s'appuyer sur une évaluation clinique du patient et non être réalisée « pour prescrire ».

 

 

 

Raisonnement clinique et nouveaux actes de repérage

Qu'est-ce que cet arrêté change dans la pratique clinique quotidienne (repérage, nouveaux examens) ?
Le raisonnement clinique infirmier est mis en valeur par un rôle propre largement enrichi, avec la notion de repérage qui revient très souvent dans le texte : repérage de la souffrance psychique et du risque suicidaire, des troubles de la sexualité et des besoins en santé sexuelle, de la dénutrition et de la malnutrition, mais aussi de l'autonomie du patient, du risque de chute ou du risque d'escarre. Beaucoup de ces pratiques existaient déjà, mais elles n'étaient pas nommées ni actées dans le référentiel : il s'agit donc d'une reconnaissance formelle de l'expertise clinique infirmière. 
L'infirmier va aussi pouvoir réaliser de nouveaux examens : des TROD (tests rapides d'orientation diagnostique) sur le sang, la salive, les urines ou les sécrétions nasales, des tests standardisés de dépistage, des ECG de dérivation à transmettre au médecin, ainsi qu'une lecture fonctionnelle d'un examen au mini-spiromètre, notamment pour les patients BPCO ou insuffisants cardiaques.

 

 

 

Consultations infirmières

Quelles consultations infirmières l'arrêté met-il en place, et à partir de quand ?
La consultation infirmière fait son entrée officielle : l'infirmier est habilité à conduire en autonomie des consultations définies par le code de la santé publique, réalisables en établissement de santé, en établissement médico-social, en cabinet libéral, au domicile ou dans toute autre structure autorisée à dispenser des soins infirmiers (pour l'exercice libéral, le périmètre et les conditions de remboursement restent fixés par la convention). 
Les deux premières consultations arriveront en novembre 2026 pour l’une puis en juillet 2027 pour l’autre : quatre consultations pour le patient diabétique de type II nouvellement insulino-traité dans les six mois qui suivent la mise sous traitement, et quatre consultations de suivi post bilan de prévention dans les six mois qui suivent ce bilan, à partir du 1er juillet 2027 (même si le bilan a été réalisé par un autre professionnel). 
D'autres pistes de consultations sont à l'étude pour 2028, non encore actées : retour d'hospitalisation après un AVC, prévention en santé mentale, plaies, ou situations d'urgence. L'intégration de ces consultations à la NGAP sera échelonnée entre 2027 et 2029 dans le cadre de l'avenant 11.

 

Ces consultations seront-elles rémunérées ?
Oui, la consultation infirmière sera rémunérée à hauteur de 20 €. Le bilan de prévention est également rémunéré.

 

 

 

Rôle dans le parcours de soins et la prévention

Quel rôle l'infirmier joue-t-il désormais dans la prévention et l'orientation des patients ?
L'infirmier devient un acteur clé du parcours de soins. Il a un rôle important dans la prévention et le dépistage des IST, dans l'information sur les traitements pré- et post-exposition au VIH.
Il peut mener des entretiens motivationnels en santé sexuelle comme dans le sevrage tabagique, accompagner la modification durable des habitudes alimentaires et de l'activité physique, ou encore repérer et orienter les patients en matière d'addiction.
L'infirmier devient également pivot dans l'orientation des patients : il peut faire du triage avec identification du niveau de recours, élaborer des fiches de liaison et des notes cliniques (le support écrit du cheminement d'expertise clinique qui aboutit aux prescriptions, elles-mêmes tracées au dossier de soins et au DMP), transmettre et évaluer le projet de soins, contribuer aux consultations pluriprofessionnelles ou encore coordonner le retour à domicile des patients.


L'infirmier peut-il déléguer certains actes ?
Oui, l'arrêté acte la possibilité de déléguer certains actes à un aide-soignant, à un auxiliaire de puériculture ou un accompagnant éducatif et social titulaire du diplôme d’Etat : par exemple l'habillage, l'aide à l'alimentation ou le soin de bouche non médicamenteux, toujours sous la responsabilité de l'infirmier.

 

 

 

Prise en charge des plaies

Quels nouveaux dispositifs et produits l'infirmier peut-il désormais prescrire pour la prise en charge des plaies ?
L'arrêté élargit la palette d'outils prescriptibles pour les plaies : pansements à l'argent, pansements super-absorbants, sprays protecteurs cutanés, anesthésiques locaux non injectables (l'Emla par exemple) pour les soins de plaies douloureuses, nitrate d'argent à faible dosage en cas d'hyperbourgeonnement, ainsi que des supports d'aide à la prévention et au traitement des escarres (matelas aérodynamiques ou non statiques, sur-matelas, coussins) et des lève-malades.

 

Ces prescriptions se font-elles en première intention, ou seulement en renouvellement ?
Cela dépend du type de matériel. Pour les pansements, l'infirmier a le droit de prescription en première intention pour un bon nombre de dispositifs. Pour d'autres, comme les bas de contention ou les contraceptifs oraux, il s'agit d'un renouvellement à l'identique. Il en va de même pour les capteurs Freestyle de glycémie interstitielle, qui relèvent aussi du renouvellement. C'est donc au cas par cas : il faut se référer à l'arrêté pour vérifier ce qui est autorisé en première intention et ce qui relève du renouvellement.

 

Qu'est-ce que l'accès direct pour les plaies, et est-il déjà en vigueur ?
L'accès direct n'est pas encore en vigueur, il arrivera prochainement. Il concernera les plaies non chirurgicales : par exemple, un patient qui se fait une dermabrasion en tombant pourra appeler directement l'infirmier en première intention, sans passer par le médecin pour obtenir une prescription de soins infirmiers.

 

Peut-on prescrire un BSI (bilan de soins infirmiers) si l'état d'un patient s'aggrave ?
Non, ce n'est toujours pas possible.

 

 

 

Vaccination

Qu'apporte l'arrêté sur la vaccination ?
L'arrêté intègre dans un seul texte l'acte de vaccination qui existait déjà : l'infirmier peut administrer l'ensemble des vaccins du calendrier vaccinal chez les personnes de 11 ans et plus, avec des extensions spécifiques pour la grippe à partir de 11 ans et pour la Covid-19 à partir de 5 ans. 
Pour la prescription des vaccins, la formation reste toujours obligatoire, avec obtention d'une attestation et déclaration de l’activité de prescripteur auprès de l'ordre infirmier.

 

 

 

Santé sexuelle, reproductive et autres nouvelles prescriptions

Quelles nouvelles prescriptions sont désormais permises, notamment en lien avec la santé sexuelle ?
L'infirmier va pouvoir notamment prescrire des antalgiques de palier I, ainsi que du sérum physiologique, des solutions stériles et des substituts nicotiniques... Pour ces derniers, le droit de prescription existait déjà, mais il est désormais intégré dans ce texte de référence unique.
Dans le cadre de la santé sexuelle, l’infirmier va notamment pouvoir prescrire des préservatifs, des contraceptifs d’urgence le dosage des HCG, renouveler des contraceptifs oraux, ou encore prescrire des bilans d’IST.

 

 

 

Examens biologiques prescriptibles

Quels examens biologiques l'infirmier peut-il prescrire, et pour quels patients ?
L'infirmier pourra prescrire, sous certaines conditions, l'INR, la NFS, les plaquettes, l'ionogramme, l'ECBU en cas de suspicion d'infection urinaire (avec l'antibiogramme associé), ainsi que la glycémie et l'hémoglobine glyquée (HbA1c). 
Ces prescriptions s'inscrivent dans un contexte précis : par exemple, pour un patient diabétique, une glycémie en contexte d'urgence ou un bilan avec HbA1c si celle-ci n'a pas été prescrite dans les trois derniers mois ; pour un patient suivi pour un sevrage tabagique, un bilan avec cholestérol, triglycérides et glycémie afin d'évaluer les risques cardio-vasculaires. 
En revanche, la CRP ne fait pas partie du droit de prescription infirmier.

 

 

 

Rémunération

Les prescriptions infirmières sont-elles rémunérées ?
Non, les prescriptions en tant que telles ne sont pas rémunérées, tout comme pour les médecins : c'est la consultation qui est rémunérée (20 € pour la consultation infirmière), de même que le bilan de prévention. La prescription s'inscrit dans une prise en charge globale du patient et ne fait pas l'objet d'une cotation spécifique.

 

 

 

Traçabilité et sécurité de la prescription

Toute prescription doit-elle être tracée dans le DMP ?
Oui, cette obligation de traçabilité existait déjà, mais l'arrêté vient la renforcer avec notamment l'inscription au DMP. Le pharmacien doit également pouvoir consulter la prescription initiale en cas de renouvellement à l'identique, par exemple pour une prescription de bas de contention. La consultation infirmière doit elle aussi être tracée dans le dossier du patient.

 

Comment fait-on lorsque le patient n'a pas de DMP ?
Il faut tracer la prescription dans le dossier de soins et prévenir le médecin traitant, par messagerie sécurisée par exemple. Selon le mode d'exercice (équipe de soins primaires, maison de santé pluriprofessionnelle...), il est également possible de tracer ces actes dans les logiciels sécurisés partagés dont dispose la structure.

 

Qui est responsable des résultats d'un bilan prescrit par l'infirmier ?
Qui dit prescription de bilan dit responsabilité des résultats, avec l'obligation de les transmettre au médecin.

 

 

 

Renouvellement de prescriptions

Sur une prescription de renouvellement, faut-il le noter sur l'ordonnance ?
Cela dépend des cas. C'est obligatoire pour la prescription de contraceptifs oraux : le renouvellement doit être noté sur l'ordonnance originale. Cette règle ne change pas, elle était déjà en vigueur auparavant.

 

 

 

Formation

Une formation spécifique sera-t-elle proposée pour l'interprétation des résultats des examens prescrits ?
Il n'y a pas de formation dédiée uniquement à l'interprétation des résultats en tant que telle : cette interprétation dépend du contexte de formation suivi. Par exemple, se former à la santé sexuelle ou aux risques cardio-vasculaires permet d'interpréter les bilans qui s'y rapportent, car l'interprétation n'a de sens qu'avec la connaissance du contexte de la pathologie. La prescription vient enrichir une prise en charge déjà globale d'un patient que l'on connaît et que l'on suit.

 

Pourquoi la formation devient-elle indispensable avec cet arrêté ?
Ces nouveaux actes et nouvelles responsabilités demandent à être sécurisés par une vraie démarche de formation : identification des situations à risque, connaissance des limites réglementaires et orientation au bon moment deviennent des compétences centrales. La formation initiale a déjà été remodelée par l'arrêté de février 2026 pour les étudiants infirmiers ; la formation continue devient quant à elle une condition de sécurité, de qualité et de légitimité professionnelle. L'enjeu n'est pas seulement de prescrire, mais de prescrire juste.

 

 

 

Patients sans médecin traitant

Que faire si un résultat inquiétant concerne un patient sans médecin traitant ?
Il faut orienter le patient et se rapprocher des structures de coordination du territoire : le 15 si la situation relève vraiment de l'urgence, une CPTS en cas de prise en charge coordonnée, ou un DAC (dispositif d'appui à la coordination). Ces structures peuvent aussi aider à trouver un médecin traitant pour le patient. Dans tous les cas, dès qu'un résultat ou une situation pose question, l'infirmier a l'obligation d'alerter et d'assurer au mieux la prise en charge du patient, même en l'absence de médecin traitant.
Cette FAQ s'appuie sur les échanges du webinar « Actes professionnels infirmiers » et sur l'arrêté du 26 juin 2026 relatif aux actes et compétences de la profession infirmière.

 

 

 

Pour aller plus loin
Partager :
Pour plus d’informations sur nos formations et l’actualité d’Orion,
Inscrivez-vous à notre newsletter !