- Pourquoi l’actualisation des connaissances et des compétences est toujours indispensable pour les professionnels de santé ?
- Pourquoi la qualité des pratiques professionnelles est devenue un enjeu majeur pour les professionnels de santé ?
- Pourquoi la relation avec les patients est devenue un pilier essentiel des soins infirmiers ?
- Pourquoi la santé du professionnel devient un enjeu majeur dans les métiers du soin ?
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- Ce que signifie "construire un parcours" de certification
- Le cadre réglementaire : ce qui est posé, ce qui reste à préciser
- La plateforme « Ma Certif'Pro Santé » : ce qu'il faut savoir
- Le parcours en détail : 4 axes, 8 actions, 6 ans
- Axe par axe : les actions concrètes pour une IDEL
- Cas particuliers : ce que les textes prévoient
- Justificatifs : ce qu'il faut conserver
- Ce que change le lien entre DPC et certification périodique
- Les erreurs les plus fréquentes - et comment les éviter
Ce que signifie "construire un parcours" de certification
La certification périodique n'est pas un examen. Ce n'est pas non plus un simple relevé de formations. C'est un parcours déclaratif, structuré autour de quatre axes, qui demande d'identifier, de réaliser et de tracer des actions professionnelles sur une période de six ans - ou neuf ans pour les professionnels diplômés avant le 1er janvier 2023.
Selon le président du CNPI Gregory Lepee, interrogé par le SNIIL en juin 2026 : « Les infirmiers libéraux réalisent déjà une grande partie des actions attendues, souvent sans en avoir conscience. » L'enjeu principal réside donc dans la formalisation et la traçabilité des actions déjà réalisées, pas dans la création d'un volume de travail supplémentaire.
Les trois réflexes à adopter dès maintenant
1. Identifier ce que vous faites déjà. Formations DPC, FIF-PL, CPF, participation à des groupes de pairs, tutorat d'étudiants, protocoles rédigés en cabinet ou au sein d'une CPTS… tout cela peut compter, dès lors que c'est justifiable et en lien avec la pratique.
2. Repérer les axes insuffisamment couverts. Le parcours impose au minimum deux actions par axe. Certains axes - notamment l'axe 4 sur la santé personnelle du professionnel - sont rarement couverts spontanément. Mieux vaut les identifier tôt.
3. Tracer systématiquement. Le premier cycle ayant débuté le 1er janvier 2023, il est possible de récupérer des justificatifs datant de ces dernières années. Mais une action non tracée est une action inexistante aux yeux de l'Ordre. La traçabilité n'est pas une formalité secondaire : c'est la base du contrôle.
Le cadre réglementaire : ce qui est posé, ce qui reste à préciser
Les textes de référence
La certification périodique a été instaurée par l'ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021. Sa mise en œuvre concrète repose sur deux décrets publiés le 26 décembre 2025 :
• Décret n° 2025-1335 : relatif aux modalités de contrôle et au système d'information de la certification périodique. Il crée la plateforme nationale « Ma Certif'Pro Santé » et organise le contrôle par les Ordres.
• Décret n° 2025-1336 : relatif aux conditions de saisine de la HAS sur les référentiels de certification périodique.
Le référentiel de certification infirmier (« Infirmière métier socle »), élaboré par le CNPI, a été publié au Journal Officiel en mars 2026. C'est ce document qui fixe précisément les axes, les actions éligibles et les critères d'évaluation applicables aux IDEL.
Pour rappel, l’arrêté du 26 février 2026 relatif aux référentiels de certification périodique des professions de santé relevant d’un ordre professionnel est publié au Journal Officiel
Les acteurs du dispositif et leurs rôles
Trois instances jouent des rôles distincts et complémentaires, tels que définis par les décrets de décembre 2025 :
• Le Conseil National Professionnel Infirmier (CNPI) élabore les référentiels de certification et accompagne les professionnels qui rencontrent des difficultés pour satisfaire leur obligation. En cas de difficulté, le recours au CNPI est possible à l'initiative du professionnel ou sur proposition de l'Ordre.
• L'Ordre National des Infirmiers (ONI) assure le suivi et le contrôle du parcours de manière continue. À l'échéance du cycle, l'ONI dispose d'un délai de six mois pour vérifier la réalisation du programme minimal d'actions. Il peut demander des pièces complémentaires et, le cas échéant, prononcer des sanctions.
• La Haute Autorité de Santé (HAS) peut être saisie par le ministère pour donner un avis sur les référentiels et garantir leur qualité scientifique.
La plateforme « Ma Certif'Pro Santé » : ce qu'il faut savoir
Le décret n° 2025-1335 prévoit la création d'un téléservice national dédié : « Ma Certif'Pro Santé ». Ce compte individuel a vocation à centraliser les actions réalisées au titre de la certification (formations, démarches, justificatifs) et à permettre le contrôle par l'Ordre. Sa mise en service complète est attendue d'ici fin 2026.
Ce que les textes prévoient pour ce compte :
• Seules les données déclarées par le professionnel lui-même seront modifiables directement. Les données remontées par des organismes tiers (employeurs, organismes de formation…) ne pourront pas être éditées directement.
• Dès que le compte sera créé, une notification sera envoyée par email : il est donc important de s'assurer dès maintenant que l'adresse email enregistrée auprès de l'ONI est à jour.
• À terme, certains organismes de formation pourront transmettre directement les attestations. Dans l'attente de l'ouverture de la plateforme, c'est au professionnel de conserver et transmettre ses justificatifs.
Le parcours en détail : 4 axes, 8 actions, 6 ans
Ce que le référentiel impose
Le parcours de certification repose sur quatre axes complémentaires. Pour chacun, il faut réaliser et déclarer au minimum deux actions, soit un minimum de huit actions sur le cycle de six ans.
Un point de règle sur la traçabilité des axes
Une action (comme une formation) peut, sur le fond, relever de plusieurs axes simultanément. Mais d'après le référentiel CNPI, chaque action devra être rattachée à un seul axe lors de la déclaration. Ce choix appartiendra au professionnel : il sera conseillé de l'affecter à l'axe le moins couvert dans le parcours global.
Peut-on accélérer et finir en deux ou trois ans ?
Rien ne l'interdit formellement. Mais le parcours est conçu sur six ans et l'esprit du dispositif repose sur la continuité du développement professionnel. Anticiper certaines actions est possible et même recommandé ; tout concentrer sur une courte période ne correspond pas à l'intention du référentiel.
Axe par axe : les actions concrètes pour une IDEL
Les exemples d'actions ci-dessous sont issus directement du référentiel CNPI publié au JO et de l'analyse publiée par le SNIIL en juin 2026.
Axe 1 - Actualiser ses connaissances et ses compétences
Cet axe garantit une mise à jour régulière des savoirs et compétences. Il ne se limite pas aux connaissances techniques : il intègre également le raisonnement clinique, la recherche d'information scientifique, et les compétences en numérique ou en intelligence artificielle.
🎯 Actions éligibles :
• Suivre une ou plusieurs formations (DPC, FIF-PL, certifiantes avec le CPF, depuis 2023)
• Participer à des journées professionnelles, congrès, séminaires (avec attestation de présence)
• Transmettre des savoirs professionnels (tutorat, compagnonnage, enseignement)
• Développer des compétences en numérique en santé, raisonnement clinique, IA
⭐️ Conseil pratique :
C'est l'axe le plus naturellement couvert pour la majorité des IDEL. Vérifiez que vos attestations mentionnent les objectifs pédagogiques : ce sont elles qui serviront de justificatif principal.
Axe 2 - Renforcer la qualité des pratiques professionnelles
Cet axe repose sur une logique d'évaluation et d'amélioration continue. Il ancre la pratique dans une culture de qualité, de sécurité et de gestion des risques.
🎯 Actions éligibles :
• Toutes les formations dites "EPP" - évaluation de pratiques professionnelles - (formations avec simulation, audit clinique, serious game, partage de pratique...)
• Implication dans l'organisation de l'exercice pluriprofessionnel (CPTS, maison de santé…)
• Initiation ou participation à des actions de transmission des pratiques professionnelles
• Initiation ou participation à des actions de gestion des risques (humains, sociaux, juridiques, financiers, techniques)
• Participation à un CREX (comité de retour d'expérience)
• Déclaration d'événements indésirables associés aux soins (EIAS) et analyse associée
• Rédaction ou mise à jour de protocoles de soins
⭐️ Conseil pratique :
La déclaration d'un EIAS, même mineure, suivie d'une analyse réflexive, constitue une action éligible directement issue de la pratique quotidienne. Beaucoup d'IDEL la sous-estiment.
Axe 3 - Améliorer la relation avec les personnes soignées
La relation soignant-soigné est au cœur de l'exercice infirmier. Cet axe vise à renforcer les compétences relationnelles et à mieux intégrer les droits des patients dans la pratique quotidienne. Il s'étend aux relations avec les usagers dans le cadre d'actions de prévention et de promotion de la santé.
🎯 Actions éligibles :
• Participation à des formations pour améliorer la relation avec la personne soignée et son entourage
• Implication dans des actions participant à l'amélioration de la relation avec les personnes soignées et leurs aidants
• Initiation ou participation à des actions d'analyse clinique en lien avec le raisonnement professionnel
• Actions d'éducation thérapeutique du patient (ETP) - participation, animation ou conception
• Formations sur les droits des patients, le consentement éclairé, la prévention de la maltraitance, de la violence et la gestion de crise
⭐️ Conseil pratique :
Les actions collectives de prévention réalisées au sein d'une CPTS (dépistage, ateliers patients…) sont éligibles ici. Conservez les supports et comptes rendus de ces actions.
Axe 4 - Prendre soin de sa propre santé
C'est l'axe le plus souvent négligé - et pourtant, comme le souligne Gregory Lepee (CNPI), « les professionnels de santé ont tendance à s'oublier ». Cet axe vise à identifier les risques liés à l'exercice et à développer des stratégies de prévention.
Point important : aucune donnée de santé personnelle n'est à fournir. Seule la démarche de prévention est attendue, pas les résultats médicaux ou diagnostics personnels. C'est la FAQ officielle du CNPI (avril 2026) qui le précise explicitement.
🎯 Actions éligibles :
• Initiation ou participation à des actions pour prendre soin de soi (gestion du stress, équilibre vie professionnelle/personnelle)
• Initiation ou participation à des actions de gestion des risques contribuant à la santé personnelle (la sienne, celle de son équipe)
• Initiation ou participation à des actions d'analyse clinique en lien avec la santé du professionnel
• Formations sur la prévention des TMS (troubles musculo-squelettiques), gestes et postures
• Actions sur la prévention du burn-out, la qualité de vie au travail et qualité de vie et des conditions au travail (QVCT)
• Participation à des groupes de soutien entre pairs, espaces de parole professionnels
⭐️ Conseil pratique :
Une sensibilisation aux RPS dans le cadre d'un programme URPS ou d'un organisme de formation est pleinement éligible.
Cas particuliers : ce que les textes prévoient
Je n'exerce pas actuellement
L'obligation de certification est suspendue pendant la période de non-exercice (congé maternité, arrêt maladie, pause professionnelle). Elle reprend lors du retour à l'activité selon des modalités adaptées. C'est la FAQ du CNPI (avril 2026) qui le confirme.
Je suis en fin de carrière
La certification concerne tous les professionnels en activité, sans distinction d'âge ni d'ancienneté. Une infirmière libérale qui exercera encore quelques années reste soumise à l'obligation.
Je n'exerce pas directement des soins
La certification s'applique à toutes les formes d'exercice infirmier, y compris sans contact direct avec des patients (encadrement, enseignement, coordination). Les actions valorisées seront adaptées au mode d'exercice réel.
J'ai un diplôme complémentaire récent
Les diplômes complémentaires obtenus depuis 2023 et en lien avec l'activité professionnelle sont éligibles, notamment pour l'axe 1. C'est la FAQ du CNPI (avril 2026) qui l'établit.
Justificatifs : ce qu'il faut conserver
Le contrôle sera réalisé par l'ONI à partir du compte individuel « Ma Certif'Pro Santé », une fois la plateforme opérationnelle. L'Ordre pourra demander des pièces complémentaires.
Dans l'attente de l'ouverture de la plateforme, il est impératif de conserver dès maintenant tous les documents attestant des actions réalisées depuis le 1er janvier 2023 - attestations de formation, participations à des réunions, engagements dans des projets professionnels, etc. Le premier cycle ayant débuté à cette date, ces justificatifs pourront être valorisés rétroactivement.
Les types de documents à conserver selon la nature de l'action :
• Formation, congrès, séminaire → attestation de participation, programme
• Diplôme complémentaire → copie du diplôme ou certificat
• Analyse de pratiques, CREX → compte rendu de séance
• Tutorat → convention, attestation, grille d'évaluation
• Protocole → copie du document avec date
• Action de prévention → compte rendu, support utilisé
• Programme intégré DPC → attestation de réalisation du programme
• Note réflexive personnelle → document daté décrivant la situation et les enseignements
Ce que change le lien entre DPC et certification périodique
Jusqu'au 31 décembre 2022, le DPC constituait une obligation triennale indépendante. Avec la certification périodique, le DPC devient un outil au service de cette nouvelle obligation. Concrètement, les actions DPC réalisées peuvent contribuer à la certification, notamment sur l'axe 1.
À lire aussi
Certification périodique des infirmiers libéraux (IDEL) : comprendre le dispositif
Principes, axes, cycles et obligations — la présentation complète du dispositif.
Les erreurs les plus fréquentes - et comment les éviter
• Croire que la certification ne concerne que les salariées. Faux. Elle s'applique à toutes les infirmiers en activité, sans exception de mode d'exercice, d'âge ou d'ancienneté.
• Attendre pour commencer à tracer. Le premier cycle a débuté le 1er janvier 2023. La plateforme n'est pas encore entièrement opérationnelle, mais les justificatifs doivent être conservés dès maintenant. Ce qui ne se trace pas n'existe pas lors du contrôle.
• Négliger l'axe 4. C'est systématiquement l'axe le moins couvert spontanément. Il mérite une attention particulière dès la construction du parcours.
• Rattacher toutes les actions, formations au même axe. Chaque action (ou formation DPC, FIFPL ou certifiante "France compétences") doit être rattachée à un seul axe dans la déclaration. Pour respecter l'obligation des deux actions par axe, la répartition doit être anticipée.
• Confondre certification périodique et DPC. Les deux dispositifs sont complémentaires mais ne sont pas substituables. Les actions DPC peuvent contribuer à la certification.
Orion Santé suit attentivement l'évolution de ce dispositif et adapte son offre de formations afin d'accompagner les infirmières et infirmiers libéraux dans leur parcours de certification périodique.
Explorez les axes et leur contenu :
Axe 01 Actualisation des connaissances et compétences → Lire l'article Axe 02 Qualité des pratiques professionnelles → Lire l'article Axe 03 Relation avec les personnes soignées / patients → Lire l'article Axe 04 Santé personnelle du professionnel → Lire l'article
Sources :
• Ordonnance n° 2021-961 du 19 juillet 2021 relative à la certification périodique de certains professionnels de santé - Légifrance
• Décret n° 2025-1335 du 26 décembre 2025 relatif aux modalités de contrôle et au système d'information de la certification périodique - Légifrance
• Décret n° 2025-1336 du 26 décembre 2025 relatif aux conditions de saisine de la HAS sur les référentiels de certification périodique - Légifrance
• Référentiel CNPI de certification périodique pour l'infirmière généraliste, publié au Journal Officiel, mars 2026 - CNPI
• FAQ du CNPI sur la certification périodique, avril 2026 - CNPI
• SNIIL - « Tout savoir sur la certification périodique », janvier 2026 - sniil.fr
• SNIIL - « Certification périodique des professionnels de santé : et si vous étiez déjà prêts ? », juin 2026 (avec interview de Gregory Lepee, président du CNPI) - sniil.fr
• SNPI CFE-CGC - « La certification périodique en 2026 », janvier 2026 - syndicat-infirmier.com
• URPS Infirmiers Centre - « Certification périodique : d'un principe flou à un cadre enfin lisible » - urps-infirmiers-centre.fr
Pourquoi l’actualisation des connaissances et des compétences est toujours indispensable pour les professionnels de santé ?
L’axe 1 de la certification périodique des IDEL impose l’actualisation continue de leurs connaissances et compétences. Face à l’évolution rapide des pratiques, des technologies et des politiques de santé, cette démarche permet aux infirmiers libéraux de garantir des soins sécurisés, concertés et adaptés. Elle assure ainsi des pratiques rigoureuses et conformes aux données de la science, à l'éthique et aux besoins du territoire (HAS, 2022).
Pourquoi la qualité des pratiques professionnelles est devenue un enjeu majeur pour les professionnels de santé ?
L’axe 2 de la certification périodique des IDEL concerne la qualité des pratiques professionnelles et l’amélioration continue des soins. Cet axe 2 vise à renforcer la qualité des pratiques professionnelles.
Pourquoi la relation avec les patients est devenue un pilier essentiel des soins infirmiers ?
L'axe 3 de la certification périodique des IDEL met la relation soignant-soigné au cœur de la pratique infirmière, à travers la communication thérapeutique, le respect des droits des patients et la prévention de la maltraitance. Grâce à leur proximité quotidienne avec les patients, les infirmiers libéraux jouent un rôle clé dans la qualité humaine des soins et l'accompagnement des situations les plus sensibles.
Pourquoi la santé du professionnel devient un enjeu majeur dans les métiers du soin ?
L’axe 4 de la certification périodique, « Mieux prendre en compte la santé personnelle des professionnels de santé », donne les moyens de préserver sa santé en étant acteur et attentif de son été de santé (psychique, somatique) en vue de conserver ses aptitudes professionnelles (HAS, 2022).